Léa Gogniat
Doctorante
Références de mes travaux de recherche
lien Orcid: https://orcid.org/0009-0003-2824-1981
Thématique de recherche / Research interest
Ma thèse vise à étudier les violences sexuelles subies par les sportives et les sportifs, à l’aide des concepts et des méthodes qualitatives (entretiens, observations) et quantitatives (analyses lexicométriques) de la sociologie et de la science politique. En mobilisant la sociologie du sport, des institutions, du genre, du corps, de la mobilisation, de la socialisation et l’analyse des politiques publiques, je chercherai à définir les violences sexuelles dans le sport, à étudier les spécificités du champ sportif au regard de ces violences et à comprendre les mécanismes qui permettent leur perpétuation et leur impunité́. Étudier les violences sexuelles dans le sport permettra d’analyser et de comprendre les rapports de pouvoir et les rôles sociaux genrés dans un secteur qui se revendique comme hermétique au champ politique, tout en observant la construction d’un problème public et des politiques publiques y répondant.
Dans cette perspective, la thèse s’organise en trois grandes parties. La première analyse les conditions sociales qui rendent possibles à la fois la production et la silenciation des violences sexuelles dans le sport, en montrant comment les pratiques ordinaires, les normes corporelles et les cadrages médiatiques contribuent à leur (in)visibilisation. La deuxième partie s’intéresse aux formes d’engagement contre ces violences, en mettant en évidence les tensions entre différentes manières de définir et de porter la cause, entre approches centrées sur la protection de l’enfance et mobilisations féministes attentives aux rapports de pouvoir, notamment de genre. Enfin, la troisième partie examine les modalités de prise en charge institutionnelle du problème, en analysant son inscription dans l’action publique et les effets de sa traduction en dispositifs concrets de prévention, de signalement et de gestion des « cas ».
My PhD thesis aims to examine sexual violence experienced by female and male athletes, using concepts and methods from sociology and political science—both qualitative (interviews, observations) and quantitative (lexicometric analyses). By drawing on the sociology of sport, institutions, gender, the body, mobilization, socialization, and public policy analysis, I will seek to define sexual violence in sport, examine the specific characteristics of the sports field in relation to such violence, and understand the mechanisms that enable its perpetuation and impunity. Studying sexual violence in sports will enable us to analyze and understand power relations and gendered social roles in a sector that claims to be impervious to the political sphere, while observing the construction of a public problem and the public policies that address it.
From this perspective, the thesis is organized into three main parts. The first analyzes the social conditions that enable both the production and the silencing of sexual violence in sports, demonstrating how everyday practices, bodily norms, and media framing contribute to its (in)visibility. The second part examines forms of engagement against such violence, highlighting the tensions between different ways of defining and championing the cause, between approaches centered on child protection and feminist mobilizations attentive to power relations, particularly gender relations. Finally, the third part examines how institutions address the problem, analyzing its integration into public policy and the effects of its translation into concrete mechanisms for prevention, reporting, and management of “cases.”