David-Claude Kemo Keimbou
Enseignant- chercheur
Références de mes travaux de recherche
Thématique de recherche / Research interest
Les travaux de David-Claude Kemo-Keimbou portent sur la sociohistoire des institutions sportives africaines, de la période coloniale à nos jours. Ils examinent d'abord comment l'éducation physique et le sport ont servi, sous la colonisation, à discipliner les corps des colonisés et à les rendre conformes aux attentes de l'ordre colonial. Ils étudient ensuite comment les États issus des indépendances ont repris cet héritage pour en faire un instrument de construction nationale et d'encadrement de la jeunesse, notamment au Cameroun (Kemo-Keimbou, 1999, 2005, 2010). À l'échelle internationale, ces recherches montrent les résistances des pays africains à l'eurocentrisme des fédérations internationales et du mouvement olympique, ainsi que le rôle de l'impérialisme américain dans l'émergence des organisations sportives en contexte postcolonial (Charitas et Kemo-Keimbou, 2013, 2016), en particulier à travers le football (Dietschy et Kemo-Keimbou, 2010). Elles portent aussi sur la gouvernance et les politiques publiques du sport dans l'espace francophone. La CONFEJES en est un terrain d'observation privilégié : sous couvert de coopération multilatérale, des rapports de dépendance hérités de la tutelle coloniale s'y perpétuent sous de nouvelles formes (Kemo-Keimbou, CONFEJES : jeunesse, sport et Francophonie. Histoire d’une institution qui a appris à se gouverner (1969-2024), parution décembre 2026). Un chantier en cours sur l'histoire du basket-ball en Afrique prolonge cette réflexion. Il porte sur une discipline que l'historiographie, centrée sur le football, a longtemps laissée de côté.
David-Claude Kemo-Keimbou’s work focuses on the social history of African sports institutions, from the colonial period to the present day. It first examines how physical education and sports were used during colonization to discipline the bodies of the colonized and bring them into line with the expectations of the colonial order. It then explores how newly independent states appropriated this legacy to turn it into a tool for nation-building and youth development, particularly in Cameroon (Kemo-Keimbou, 1999, 2005, 2010). At the international level, this research highlights African countries’ resistance to the Eurocentrism of international federations and the Olympic movement, as well as the role of U.S. imperialism in the emergence of sports organizations in postcolonial contexts (Charitas and Kemo-Keimbou, 2013, 2016), particularly through soccer (Dietschy and Kemo-Keimbou, 2010). It also addresses governance and public policy regarding sports in the Francophone world. CONFEJES provides a prime vantage point for observation: under the guise of multilateral cooperation, relationships of dependency inherited from colonial rule persist there in new forms (Kemo-Keimbou, CONFEJES: Youth, Sports, and the Francophonie. History of an Institution That Has Learned to Govern Itself (1969–2024), to be published in December 2026). An ongoing research project on the history of basketball in Africa expands on this line of inquiry. It focuses on a sport that historiography—which has long centered on soccer—has long overlooked.