Celine Hergault

 

 

 

 

 

Docteure en STAPS et agrégée d’EPS

 

 

 

 

Référence de mes travaux de recherche

Lien ORCID: https://orcid.org/0009-0009-5950-0388

Thématique de recherche/ Research interest

Mes travaux de recherche s’inscrivent dans les sciences de l’éducation et de la formation à partir d’une entrée sociologique des pratiques éducatives, professionnelles et d’accompagnement. Ils interrogent les conditions sociales et institutionnelles dans lesquelles les acteurs construisent leurs pratiques, s’approprient des dispositifs et composent avec des situations de transformation. L’éducation à la santé, les dispositifs d’innovation éducative, les professionnalités enseignantes, le handicap, l’inclusion et les capabilités, ainsi que la sociologie des organisations éducatives constituent les principaux espaces empiriques de cette recherche.

Ma thèse de doctorat, soutenue en 2025, constitue le premier socle de cette trajectoire. À partir de quatre collèges publics d’Île-de-France, j’ai étudié l’implantation de dispositifs locaux « santé, bien-être et activités corporelles », les logiques d’action des acteurs et les trajectoires de ces dispositifs. L’enjeu était de comprendre comment une innovation se construit socialement dans un établissement, comment les acteurs s’en saisissent et comment leurs pratiques contribuent à la transformer. La sociologie de la traduction et la théorie des dispositions ont permis d’articuler les dynamiques organisationnelles, les trajectoires des acteurs et les pratiques professionnelles. La recherche met notamment en évidence des modalités d’implantation différenciées et trois trajectoires possibles des dispositifs : disparition, enkystement et enracinement.

Les recherches engagées depuis la soutenance prolongent cette sociologie des dispositifs en déplaçant progressivement le regard vers les acteurs, leurs trajectoires et les transformations de leurs pratiques. Je travaille notamment sur les enseignantes qui introduisent dans leur activité professionnelle des pratiques corporelles expérimentées dans leur sphère personnelle, sur les micro-rituels de bien-être et sur les gestes professionnels associés à ces pratiques. Les communications approfondissent notamment la manière dont des ressources biographiques peuvent devenir des ressources professionnelles, avant même leur inscription dans un dispositif institutionnalisé.

Cette orientation conduit également à interroger la construction sociale de l’engagement et des relations éducatives. Un travail consacré à la viabilité de l’engagement en classe l’analyse à l’échelle des interactions concrètes entre professeurs et élèves, en considérant l’engagement comme un processus relationnel et situé plutôt que comme une caractéristique individuelle de l’élève.

Mes travaux actuels élargissent désormais ce questionnement aux situations de vulnérabilité, de handicap, de vieillissement et d’accompagnement, dans le cadre notamment de recherches menées avec Alexandra Perrot. Ce déplacement est central dans ma trajectoire scientifique : il permet de mettre à l’épreuve, sur de nouveaux terrains, les questionnements sociologiques construits à partir du champ scolaire autour du corps, des pratiques, des interactions, des environnements institutionnels et des possibilités d’agir.

Un premier terrain actuel est celui du Village Landais Alzheimer, dans lequel nous travaillons sur les expériences des personnes accompagnées et sur la place du corps et des activités corporelles dans un environnement institutionnel pensé autrement les modalités d’accompagnement. Ce travail participe d’une réflexion plus large sur la manière dont les environnements sociaux et institutionnels configurent les possibilités d’agir et de participer, y compris dans des situations marquées par la vulnérabilité.

Un second terrain actuel concerne l’exergaming et le mur interactif dans le secteur médico-social. Le travail mené avec Alexandra Perrot auprès de jeunes adultes en situation de handicap en foyer médico-social analyse les formes d’interaction et d’engagement produites par ce dispositif, ainsi que les effets perçus sur le bien-être et le rapport au mouvement. La sociologie dispositionnelle permet ici d’étudier conjointement les dispositions incorporées, le régime institutionnel d’accompagnement et les reconfigurations interactionnelles induites par le dispositif. 

Ces deux recherches actuelles constituent un déplacement important par rapport au terrain initial de la thèse, sans rompre avec sa problématique. Il ne s’agit plus seulement d’étudier comment un dispositif s’implante dans une organisation, mais de comprendre ce que des dispositifs et des environnements institutionnels font aux pratiques, aux interactions et aux possibilités d’agir, et réciproquement ce que les acteurs font de ces environnements. Le dispositif devient ainsi un analyseur des relations entre individus, institutions et pratiques.

La sociologie des dispositions constitue dans cette perspective un point d’appui important, mais elle est articulée à une analyse des situations et des contextes. Les pratiques ne sont ni réductibles aux propriétés individuelles des personnes ni mécaniquement déterminées par les institutions : elles résultent de la rencontre entre des trajectoires, des dispositions, des contraintes organisationnelles, des ressources et des situations d’interaction. Cette approche permet de faire dialoguer les terrains scolaires et médico-sociaux autour d’une même interrogation sur les conditions sociales de transformation des pratiques et des possibilités d’agir.

Ces recherches s’inscrivent parallèlement dans une dynamique de développement scientifique et de collaboration. Mes communications à l’ARIS et à la 3SLF, mes travaux avec Alexandra Perrot, ma participation aux GDR du CNRS consacrés à la gouvernance territoriale et à la circulation des savoirs, ainsi que ma mobilité scientifique à l’Université de Sherbrooke contribuent à élargir mes terrains, mes collaborations et mes réseaux de recherche.

La diffusion scientifique constitue également une dimension de cette activité. Les contenus de médiation scientifique que je produis prolongent mes recherches et mes lectures autour de l’École, du travail enseignant, de la santé, du corps et des transformations contemporaines de l’éducation. Ils participent à la circulation des savoirs entre chercheurs, enseignants, étudiants et professionnels des secteurs éducatif et médico-social.

L’ensemble de ces travaux dessine ainsi une trajectoire scientifique cohérente : partir de l’analyse sociologique des dispositifs pour comprendre les logiques d’action des acteurs, puis déplacer l’analyse vers les pratiques, les trajectoires, les interactions et les possibilités d’agir dans des environnements institutionnels différents. Le passage du collège au secteur médico-social ne constitue donc pas une dispersion des objets : il permet d’élargir une même problématique sociologique aux différentes manières dont les individus et les collectifs composent avec les transformations de leurs environnements.

Contact

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Céline HERGAULT

Professeure agrégée d’EPS-Préparation concours

Docteure en sciences du sport et du mouvement humain

Laboratoire CIAMS-Equipe MHAPS (Axe 3)

Faculté des Sciences du sport. Bat 335