Axe Apprentissage et optimisation de la performance sportive
Les travaux menés dans l’axe 2 apportent des éléments de compréhension fondamentaux et appliqués sur les déterminants neuro-développementaux, physiologiques, biomécaniques, sensori-moteurs, cognitifs et sociaux de la motricité et des apprentissages en contexte sportif et éducatif, avec un accent particulier mis sur l’optimisation de la performance sportive de haut-niveau. Les travaux menés dans cet axe se déclinent en deux thématiques principales.
Cet axe vise à comprendre les processus sous-jacents aux apprentissages tout au long de la vie et dans différents milieux. Ainsi, cet axe s’intéresse aussi bien aux mécanismes neurophysiologiques et cognitifs qui sous-tendent les apprentissages moteurs qu’aux processus sociaux permettant la stimulation de ces apprentissages, notamment dans le milieu scolaire.
Des études portent sur les tout premiers apprentissages moteurs au cours de la première année de vie, en cherchant à comprendre comment les premiers mouvements volontaires se créent à travers l’analyse des synergies motrices (Hinnekens et al., 2023, Hinnekens et al., 2024) . Un autre projet s’attarde à identifier le niveau de développement moteur et son impact sur le niveau d’activité physique de l’enfant (recherche-action menée avec l’Ufolep National). Des études comparent aussi les processus d’apprentissage spécifiques à l’enfance et ceux qui sont inhérents à l’apprentissage moteur tout au long de la vie. Les processus de formations des coordination musculaires et des mécanismes de consolidation lors de l’apprentissage moteur à différentes étapes de la vie sont investigués à des niveaux neurophysiologiques et comportementaux. Des travaux reposant sur des enregistrements électroencéphalographiques (EEG) réalisés simultanément viennent également éclairer les mécanismes neurophysiologiques impliqués dans les apprentissages moteurs effectués en interaction, notamment en contexte dyadique ou collaboratif. Ils permettent d’étudier comment la synchronisation inter-cérébrale entre partenaires contribue à la coordination motrice, à l’acquisition d’habiletés et à l’optimisation des performances motrices. D’autres travaux portent plus spécifiquement sur le rôle du sommeil dans la consolidation des apprentissages moteurs, du bébé à l’adulte, en examinant notamment l’activité des fuseaux du sommeil comme marqueur neurophysiologique potentiel des processus de consolidation associés à ces apprentissages et de leur évolution avec la maturation cérébrale (e.g., Boutin et al., 2024, Conessa et al., 2026; thèses Amaia Dornier, Charlotte Sanchez). Ces projets impliquent des collaborations entre les EC du CIAMS ainsi que des collaborations nationales et internationales et sont appuyés par des financements et thèses.
La thématique de recherche axée sur le questionnement de la réussite des apprentissages en milieu éducatif avec dispositifs particuliers est poursuivie, toujours avec un éclairage scientifique pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales (Bresson et al., 2026). Un nouveau projet est en développement pour analyser la genèse, les modes d’organisation et formes de travail du Micro lycée, nouveau dispositif de retour à l’École mis en œuvre à partir de l’année scolaire 2021-2022 pour des jeunes âgés de 16 à 20 ans, décrocheurs depuis plus de 6 mois, et d’en appréhender la place et le rôle dans la dynamique de l’établissement, avec des attentes de réponse à appel à projet EFE de l’Université Paris-Saclay.
Concernant les déterminants plurifactoriels de l’expertise sportive, des travaux sur l’effet de l’expertise sur le contrôle de la fente en escrime sont notamment conduits avec le CREPS de Chatenay Malabry et l’IFEC. D’autres travaux évaluent directement sur le terrain les déterminants biomécaniques de la performance, grâce au développement d’outils in situ. Ces projets sont développés en tennis et en handball principalement et sont pour certains enrichis par des analyses in situ liées aux capacités de prise d’informations, afin de comprendre les interactions entre indices de performance biomécaniques et psychologiques (Triolet et al.2026).
Les travaux portant sur les limitations à l’effort se poursuivent, toujours soit relié à une activité spécifique (avec par exemple des travaux en cours sur les variations des réponses physiologiques lors des ultra-trails) soit relié à des méthodes d'entraînement particulier comme les occlusions vasculaires (Desanlis et al., 2024) ou les entraînements combinés (Zghal et al., 2026)
Concernant l’optimisation de la performance, les travaux engagés lors du projet ANR REVEA sont étendus vers d’autres disciplines et d’autres publiques comme les athlètes en phase de réathlétisation. Les modalités d’optimisation de la performance via l’observation de l’action ou la réalité virtuelle sont toujours au cœur des projets, en lien avec l’intérêt croissant pour les entraînements cognitifs dans la haute performance.
De même le projet pluridisciplinaire s’intéressant aux variations des performances tant physiques, que psychologiques ou cognitives chez la femme athlète en fonction des variations hormonales se poursuis sur des athlètes cavalières (financement IFCE) et d’autres disciplines. Ce projet vient aussi d’obtenir un financement de la Wada (World Anti Dopage Agency) afin que les échantillons prélevés puissent aider à l’amélioration du passeport anti-dopage pour les athlètes féminines (Collomp et al. 2025; Collomp et al., 2025).
Mots-clés
Apprentissage moteur ; développement moteur ; sommeil ; performance sportive ; haut niveau ; neurophysiologie ; biomécanique ; réalité virtuelle ; antidopage ; cycle hormonal.
Contacts
Caroline Teulier : caroline.teulier@universite-paris-saclay.fr
Arnaud Boutin : arnaud.boutin@universite-paris-saclay.fr