Activité physique, santé, rééducation
Les recherches menées au sein de l’axe 3 visent à améliorer les capacités physiques et la santé de l’être humain en explorant les déterminants biomécaniques, cognitifs et biologiques du mouvement. Ils incluent l’usage de technologies immersives, la mise en jeu des concepts et outils de la biomécanique, ainsi que l’analyse d'empreintes cutanées. Une large partie des études est consacrée aux patients souffrant de troubles du système musculo-squelettique et aux seniors. Trois grands axes thématiques caractérisent cet axe.
Une partie des travaux développés au sein de l’axe 3 de l’équipe MHAPS explore le potentiel des technologies immersives et interactives pour enrichir les stimulations physiques, cognitives, motrices et sociales proposées à différents publics (Béraud-Peigné, Maillot & Perrot, 2023, 2025; Perrot & Maillot, 2023 ; Thèse Beraud-Peigné, 2025). À travers notamment l’utilisation d’exergames, de la réalité virtuelle et d’autres dispositifs numériques innovants, les recherches visent à mieux comprendre comment ces environnements peuvent favoriser l’engagement dans l’activité, soutenir le développement ou le maintien des capacités fonctionnelles et cognitives, et contribuer au bien-être. Ces approches sont étudiées auprès de populations variées, incluant les personnes âgées, les personnes atteintes de troubles neurocognitifs ainsi que les enfants, adolescents et jeunes adultes en situation de handicap moteur.
Le but de ces travaux est d’optimiser les techniques de rééducation, de thérapies manuelles et de pratiques psychocorporelles, en explorant leurs fondements scientifiques et leur efficacité au moyen de travaux de recherche faisant appel aux sciences du mouvement humain.
Ainsi, une série d’études s’intéressent à l’analyse du contrôle postural dans un contexte pathologique, avec deux projets en cours concernant la discopathie lombaire et son traitement par arthroplastie discale (Effet du traitement par prothèse discale de la lombalgie chronique sur le contrôle postural, sur la plateforme d’analyse du mouvement CIAMS Paul Brousse).
D’autres travaux s’intéressent aux environnements contraints, avec notamment l’effet des surfaces inclinées sur le contrôle postural et la fonction de la cheville (Thèse Siripatra ATS, 2024) (Atsawakaewmongkhon et al., 2024) (Hamaoui et Atsawakaewmongkhon , 2026)
Une série d’études analysent l’influence des émotions sur la posture chez les personnes âgées en utilisant la réalité virtuelle, tandis que d’autres s’intéressent à l’effet des programmes de pleine conscience (Mindfulness) en rééducation et lors de la prise de décision sous influence des émotions.
Des travaux explorent les marqueurs biomécaniques et physiologiques associés à la lombalgie et aux réponses aux thérapies manuelles. Ils mobilisent des modèles expérimentaux de douleur lombaire, des études cliniques sur des mesures physiologiques telles que la variabilité de la fréquence cardiaque, ainsi que des recherches consacrées à l’identification des facteurs de risque et des facteurs pronostiques chez l’adulte (Barbier et al.) et l’enfant (Henriot-Jehel et al.). Un autre axe porte sur le développement de stratégies d’autogestion visant à renforcer l’autonomie des patients et à favoriser leur remise en activité. Cette démarche translationnelle relie les sciences du mouvement, la physiologie et l’épidémiologie clinique aux problématiques rencontrées en milieu de soins.
Le collagène constitue la principale protéine structurale de l’organisme humain. Parmi ses différentes formes, le collagène de type I représente près de 90 % de la matrice organique osseuse ainsi que des tendons et ligaments, et environ 80 % du derme cutané (Aurégan et al., 2017). Il joue ainsi un rôle fondamental dans les propriétés mécaniques des tissus et dans l’adaptation de l’appareil locomoteur aux contraintes fonctionnelles.
La qualité du collagène de type I résulte de l’interaction entre des facteurs intrinsèques, notamment génétiques, et des facteurs extrinsèques tels que l’activité physique, les habitudes de vie ou encore le vieillissement. Dans cette perspective, l’évaluation de la qualité du collagène constitue un levier prometteur pour enrichir l’analyse du mouvement humain, qu’il s’agisse de comprendre les adaptations à l’exercice physique, d’optimiser les performances sportives ou de mieux appréhender les effets du vieillissement sur le système musculosquelettique (Aurégan et al., 2017, Aurégan et al., 2018).
Afin de répondre à cet enjeu, un test innovant, rapide et non invasif, fondé sur l’analyse d’une empreinte cutanée, a été développé au sein de l’Université Paris-Saclay grâce à des collaborations pluridisciplinaires associant chercheurs, cliniciens et ingénieurs (Bachy et al., 2022 ; Aurégan et al., 2023). Ces travaux ont conduit à l’obtention de deux brevets internationaux et d'un prototype fonctionnel.
L’objectif de cet axe de recherche est d’intégrer à terme ces outils innovants dans l’évaluation du sujet âgé et du sportif afin de développer une approche individualisée de l’entraînement, fondée sur les caractéristiques biologiques des tissus conjonctifs. Cette stratégie vise à optimiser les adaptations à l’exercice, à prévenir les blessures musculosquelettiques et à contribuer à l’amélioration durable de la performance et de la santé.
Mots-clés
Activité physique, cognition, rééducation, thérapies manuelles, contrôle postural, système musculo-squelettique, collagène, technologies immersives.
Contacts
Alexandra Perrot : alexandra.perrot@universite-paris-saclay.fr
Jean-Charles Auregan : jean-charles.auregan@universite-paris-saclay.fr