AXE 3

Activité physique, sport, rééducation et santé 

 Resp. : K. Collomp & A. Hamaoui 

Cet axe s’inscrit dans une politique de prévention et de maintien de la santé par l’activité physique, une pratique sportive adéquate ou la rééducation et les thérapies manuelles, en tenant compte de l’aptitude physique du sujet, d’éventuelles pathologies et des conditions environnementales. Les travaux menés dans cet axe, utilisant une approche intégrée, se déclinent en 3 principales thématiques.

 Sport et santé : sport de haut niveau et conditions extrêmes 

L’objectif principal de cette thématique est de préserver la santé des sportifs de haut niveau et d’améliorer les capacités d’adaptation humaine en conditions extrêmes.
D’une part, nos travaux portent sur les répercussions physiologiques, biomécaniques et psychologiques de la pratique sportive intensive, avec ou sans prise de substances, dopantes ou non (Collomp et al., 2018 ; Rieth et al., 2016). Nous nous intéressons ainsi en particulier à l’impact du cycle menstruel et de différentes contraceptions chez l’athlète féminine (Vibarel-Rebot et al., 2015).
Parallèlement, nous étudierons au cours d’un hivernage dans des conditions extrêmes (base de Concordia, Antarctique, projet d’A. Villemain financé pour 4 ans par l’Agence Spatiale Européenne), les réponses psychologiques, cognitives et physiologiques des Hivernants. La réalisation mensuelle de tests et de mesures pluridisciplinaires tout au long de l’hivernage permettra de compléter les connaissances actuelles, de comprendre davantage le processus de résilience (Villemain & Godon, 2017), et, dans un second temps, de tester l’intérêt d’une activité physique régulière en milieu hostile.

 

 

Figure 1 : Base française de Dumont d’Urville (niveau mer) et de Concordia (conditions extrêmes combinant isolement, froid et altitude)

Activité physique, santé et populations vulnérables

L’objectif principal de cette thématique est de promouvoir la santé de populations vulnérables par l’activité physique ou les techniques corps-esprit.
L’impact d’une activité physique générale sur le bon développement de l'enfant sera étudié. Parallèlement, nous nous intéressons aux processus d’adaptation au réentraînement et à leurs limites chez des sujets dialysés ou ayant subi une greffe rénale et chez des femmes opérées d’une chirurgie bariatrique, en analysant notamment les répercussions d’une activité physique contrôlée sur les paramètres anthropométriques, le métabolisme, l’aptitude physique et la qualité de vie.
D’autre part, un intérêt  particulier est apporté aux techniques permettant le maintien des fonctions cognitives et fonctionnelles chez le sujet âgé sain ou pathologique, à travers la mise en place de programmes de stimulations enrichis (Combourieu et al., 2018). Des recherches en laboratoire, étudiant la relation entre condition physique et oxygénation cérébrale lors d’une double tâche motrice et cognitive, ou en milieu écologique, s’intéressant aux corrélations entre vitesse de marche spontanée recueillie par GPS, état de santé cardio-vasculaire et déclin cognitif (Klonizakis et al., 2018De Müllenheim et al., 2018) chercheront par ailleurs à mieux comprendre le fonctionnement du vieillissement.
Enfin, des études portent sur l’efficacité des techniques corps-esprit (méditation, yoga) sur le stress chronique et les difficultés relationnelles. Ces recherches seront complétées par l’utilisation de l’imagerie cérébrale et de nouveaux marqueurs liés à l’immunité.

Figure 2 : Dispositif d’un programme simultané : Vélo et exercice cognitif, exemple « Mots coupés » (d’après  Combourieu et al., 2018) 

 Rééducation, thérapies manuelles et contrôle moteur 

L’objectif de cette thématique est de répondre à l’enjeu de la pratique de soins basée sur preuves dans le champ de la rééducation et des thérapies manuelles (Meyer et al., 2019). Elle vise d’une part à étudier les mécanismes fondamentaux permettant de comprendre les modalités d’actions des différentes techniques répertoriées, et d’autre part à élaborer les stratégies thérapeutiques optimales.

Un travail sera conduit sur la relation entre la fonction du système musculo-squelettique et la capacité posturo-cinétique, ainsi que sur l’effet des mobilisations vertébrales sur le contrôle moteur (Ditcharles et al., 2017) et l’activité du système nerveux autonome.

L’usage de marqueurs biomécaniques dans l’évaluation en santé sera traité, avec un intérêt particulier pour les pathologies du diaphragme (Liu et al., 2019) (collaborations avec le service des Explorations fonctionnelles du CHU Antoine-Béclère, et le service de pneumologie du CHU Pitié-Salpêtrière). 

La relation entre musique et mouvement  sera également analysée à partir de la relation entre posture, respiration et mouvement chez le musicien, et de l’usage de la musique comme facilitateur du mouvement (collaboration avec le Conservatoire  de Paris-Saclay).

Les bases neurofonctionnelles de la plasticité sensorimotrice accompagnant l’immobilisation temporaire d’un membre seront également étudiées, à travers le rôle spécifique du sommeil (Boutin et al., 2018), et le rôle fonctionnel du couplage oscillatoire cortico-musculaire (collaborations avec le Centre du Sommeil et de la Vigilance de l’Hôpital Hôtel-Dieu à Paris, et avec l’Université de Montréal).

 

 
 

Figure 3 : Analyse des forces de réaction du sol et de l’EMG du diaphragme lors de la stimulation des nerfs phréniques.